LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La…

Lot 54
1 800 - 2 000 €

LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La…

LA FAYETTE (Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de). Lettre autographe non signée, du 28 novembre [sans année], non située, 1 p. gd in-8, adressée à Gilles Ménage (légères tâches d'humidité sur le bord supérieur du feuillet ; 2 mots biffés et corrigés). Accompagné d'une copie manuscrite (mise au propre) d'une autre main (secrétaire ?), 1 p. in-8.


« Il y a deux jours que j'ay la fievre et mille autres sortes de maux[mots biffé] mais quelque languissante que je sois, je ne scaurois m'enpescher de vous remercier du soin que vous avez pris de l'affaire de Mr de Bayard, et de vous prier d'en faire de ma part mille et mille remerciements à Mr du Raincy : je luy en ay une obligation infinie ; et si j'estois moins malade ; je luy escrirois pour l'en asseurer moy mesme. Témoignez luy bien je vous en conjure les ressentiments que j'en ay. Adieu ma lettre est bien courte, mais vous devez excuser une malade. »


Homme de lettres séduisant tant par le physique que par l'esprit, l'abbé Gilles Ménage (1613-1692) assura l'éducation littéraire de Madame de Lafayette, sa cadette de 20 ans dont il était tombé amoureux. Leur liaison platonique, épistolière et intellectuelle dura plus de 15 ans et inspira, entre autres, Molière pour ses Femmes savantes.


Brillant philologue, on lui doit le premier livre d'étymologie française : Les Origines de la langue françoise, paru chez Augustin Courbé en 1650. Proche de René-Renaud de Sévigné, beau-père de Marie-Madeleine Pioche de La Vergne (et oncle de Mme de Sévigné), il fit la connaissance de la future femme de lettres alors qu'elle n'avait que 15 ou 17 ; il lui enseigna les Belles-Lettres tout en l'introduisant dans les salons littéraires les plus en vogue. Quand la famille dut quitter Paris pour Champiré, c’est Gilles Ménage qui permit à Marie-Madeleine de se tenir au courant de la vie mondaine et littéraire par ses lettres et ses envois de livres. C’est à lui que fut confié le manuscrit de La Princesse de Montpensier pour le faire imprimer – sans nom d’auteur – en 1662.


"Les lettres de Mme de La Fayette à Ménage sont la seule partie de sa correspondance dont on ait autre chose que des épaves. Elles méritent d'être lues et relues pour comprendre ce qu'a été l'amour tendre, cet amour dit à tort précieux, dont Mlle de Scudéry a fait la théorie, mais que plus d'une grande dame a vécu en compagnie d'un bel esprit qui savait créer autour d'elle le climat de douce affection et d'attention intellectuelle et morale que lui refusait le mariage." présentation des Œuvres complètes de Mme de La Fayette, F. Bourin, 1994, préface de M. Déon.


Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue
MILLON DROUOT
19 rue Grange-Batelière
75009 Paris
T. +33 (0)1 47 27 95 34
contact@millon.com


MILLON TROCADÉRO
5 avenue d'Eylau
75116 Paris
T. +33 (0)1 47 27 95 34
contact@millon.com